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Lettre à un ami

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  • Lettre à un ami

    Mon cher Jean-Claude,

    Le premier septembre, nous célèbrerons le quarantième anniversaire de notre première rencontre, dans cette chambre froide et impersonnelle du Centre de Formation de la Police Militaire. Nous avons su préserver au fil du temps ce bien le plus précieux, notre amitié, que nous continuons à cultiver dans l’esprit de fraternité qui nous caractérise.

    Aussi loin que je puisse m’en souvenir, jamais nous n’avons eu de secret l’un pour l’autre. Et pourtant aujourd’hui, je dois te faire un aveu : il m’est arrivé il y a quelques mois de trahir le devoir sacré de l’amitié. Mon comportement vis-à-vis d’une jeune dame fut particulièrement odieux. Non seulement je l’ai injustement critiquée, mais je n’ai cessé pendant un temps de la rabaisser, tout à fait gratuitement.

    Et veux-tu que je le te dise, c’est elle qui la première m’a tendu à nouveau la main. Bien sûr, à l’heure actuelle, nous sommes parfaitement réconciliés, mais comme le met en exergue une de mes plus fidèles amies : « Les flèches percent le corps, et les mauvaises paroles l’âme ». Tu l’auras compris, mon cher Jean-Claude, je m’en veux toujours. Et dans la solitude de mon bureau, je continue à battre ma coulpe. A toi, cher ami, je peux bien en faire l’aveu.

    Cette personne remarquable se remet aujourd’hui en question : je prends connaissance à l’instant d’un message de détresse de sa part. Car vois-tu, il semblerait que d’autres abusent de sa gentillesse, de sa grandeur d’âme, de sa loyauté en amitié, j’oserais presque dire de sa pureté.

    Tu connais comme moi les paroles sacrées « Que celui qui n’a jamais pêché lui lance la première pierre ». Et peut-être, à juste titre, trouveras-tu, mon cher Jean-Claude, que je devrais être le dernier à la lui venir en aide, moi qui un jour l’ai trahie.

    Mais tu connais mon caractère, ma persévérance : très sincèrement, et pour la remercier de son incomparable faculté d’accorder le pardon, je souhaiterais que tu me conseilles, toi, mon fidèle ami. Je voudrais tout simplement lui dire : « Tu possèdes en toi ce don inné de connaître le vrai sens que l’on donne au mot amitié. Conserves-le comme étant ton bien le plus précieux. La vie forme le caractère et parfois nous oblige à nous remettre en question. Naïf, nous le sommes tous, moi en premier, je te l’assure. Mais jamais nous ne saurions renoncer à la gentillesse qui est en nous. Elle fait partie de nous-même et ne saurions nous en départir. Bien sûr, l’expérience de la vie t’amènera à te préserver davantage : tout le monde ne te ressemble pas. Et toi-même apprendra un jour à opérer la différence fondamentale entre la sincérité et l’hypocrisie. C’est ce que tu nommes la maturité. Mais surtout observe toujours un principe fondamental : ne permets jamais à personne de se substituer à toi pour émettre un jugement. J’en ai fait la triste expérience »….Ai-je raison dans mon raisonnement Jean-Claude ?

  • #2
    tres jolie tres significative merci

    Envoyé par Jacques le Tunisien
    Mon cher Jean-Claude,

    Le premier septembre, nous célèbrerons le quarantième anniversaire de notre première rencontre, dans cette chambre froide et impersonnelle du Centre de Formation de la Police Militaire. Nous avons su préserver au fil du temps ce bien le plus précieux, notre amitié, que nous continuons à cultiver dans l’esprit de fraternité qui nous caractérise.

    Aussi loin que je puisse m’en souvenir, jamais nous n’avons eu de secret l’un pour l’autre. Et pourtant aujourd’hui, je dois te faire un aveu : il m’est arrivé il y a quelques mois de trahir le devoir sacré de l’amitié. Mon comportement vis-à-vis d’une jeune dame fut particulièrement odieux. Non seulement je l’ai injustement critiquée, mais je n’ai cessé pendant un temps de la rabaisser, tout à fait gratuitement.

    Et veux-tu que je le te dise, c’est elle qui la première m’a tendu à nouveau la main. Bien sûr, à l’heure actuelle, nous sommes parfaitement réconciliés, mais comme le met en exergue une de mes plus fidèles amies : « Les flèches percent le corps, et les mauvaises paroles l’âme ». Tu l’auras compris, mon cher Jean-Claude, je m’en veux toujours. Et dans la solitude de mon bureau, je continue à battre ma coulpe. A toi, cher ami, je peux bien en faire l’aveu.

    Cette personne remarquable se remet aujourd’hui en question : je prends connaissance à l’instant d’un message de détresse de sa part. Car vois-tu, il semblerait que d’autres abusent de sa gentillesse, de sa grandeur d’âme, de sa loyauté en amitié, j’oserais presque dire de sa pureté.

    Tu connais comme moi les paroles sacrées « Que celui qui n’a jamais pêché lui lance la première pierre ». Et peut-être, à juste titre, trouveras-tu, mon cher Jean-Claude, que je devrais être le dernier à la lui venir en aide, moi qui un jour l’ai trahie.

    Mais tu connais mon caractère, ma persévérance : très sincèrement, et pour la remercier de son incomparable faculté d’accorder le pardon, je souhaiterais que tu me conseilles, toi, mon fidèle ami. Je voudrais tout simplement lui dire : « Tu possèdes en toi ce don inné de connaître le vrai sens que l’on donne au mot amitié. Conserves-le comme étant ton bien le plus précieux. La vie forme le caractère et parfois nous oblige à nous remettre en question. Naïf, nous le sommes tous, moi en premier, je te l’assure. Mais jamais nous ne saurions renoncer à la gentillesse qui est en nous. Elle fait partie de nous-même et ne saurions nous en départir. Bien sûr, l’expérience de la vie t’amènera à te préserver davantage : tout le monde ne te ressemble pas. Et toi-même apprendra un jour à opérer la différence fondamentale entre la sincérité et l’hypocrisie. C’est ce que tu nommes la maturité. Mais surtout observe toujours un principe fondamental : ne permets jamais à personne de se substituer à toi pour émettre un jugement. J’en ai fait la triste expérience »….Ai-je raison dans mon raisonnement Jean-Claude ?
    j'ai bien aimé, tres touchant merci!!
    on peut resumer cette jolie lettre en disant "le bien et le mal" ou tt simplement "l'Homme" avec un grand H...

    je pense que le probleme de cette femme est le probleme de tous et de personne paske c sure nous etions maltraité des fois ds notre vie et d'autre fois à notre tour on a ete les maltraitants...et comme le disait AGRIPPA D'AUBIGNÉ: « L'homme est en proie à l'homme, un loup à son pareil.»
    أَفديهِ إِنْ حَفِظَ الهوى أو ضَيَعَ *** مَلَكَ الفُؤادَ فَما عَسى أَن أَصْنَعَ

    مَنْ لَمْ يَذُقْ ظُلْمَ الحبيب كَظَلْمِهِ *** حُلْواً فَقَدْ جَهِلَ المَحَبَةَ وَاِدَّعى
    :wub::wub::wub:


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    • #3
      Envoyé par Jacques le Tunisien
      Mon cher Jean-Claude,

      Le premier septembre, nous célèbrerons le quarantième anniversaire de notre première rencontre, dans cette chambre froide et impersonnelle du Centre de Formation de la Police Militaire. Nous avons su préserver au fil du temps ce bien le plus précieux, notre amitié, que nous continuons à cultiver dans l’esprit de fraternité qui nous caractérise.

      Aussi loin que je puisse m’en souvenir, jamais nous n’avons eu de secret l’un pour l’autre. Et pourtant aujourd’hui, je dois te faire un aveu : il m’est arrivé il y a quelques mois de trahir le devoir sacré de l’amitié. Mon comportement vis-à-vis d’une jeune dame fut particulièrement odieux. Non seulement je l’ai injustement critiquée, mais je n’ai cessé pendant un temps de la rabaisser, tout à fait gratuitement.

      Et veux-tu que je le te dise, c’est elle qui la première m’a tendu à nouveau la main. Bien sûr, à l’heure actuelle, nous sommes parfaitement réconciliés, mais comme le met en exergue une de mes plus fidèles amies : « Les flèches percent le corps, et les mauvaises paroles l’âme ». Tu l’auras compris, mon cher Jean-Claude, je m’en veux toujours. Et dans la solitude de mon bureau, je continue à battre ma coulpe. A toi, cher ami, je peux bien en faire l’aveu.

      Cette personne remarquable se remet aujourd’hui en question : je prends connaissance à l’instant d’un message de détresse de sa part. Car vois-tu, il semblerait que d’autres abusent de sa gentillesse, de sa grandeur d’âme, de sa loyauté en amitié, j’oserais presque dire de sa pureté.

      Tu connais comme moi les paroles sacrées « Que celui qui n’a jamais pêché lui lance la première pierre ». Et peut-être, à juste titre, trouveras-tu, mon cher Jean-Claude, que je devrais être le dernier à la lui venir en aide, moi qui un jour l’ai trahie.

      Mais tu connais mon caractère, ma persévérance : très sincèrement, et pour la remercier de son incomparable faculté d’accorder le pardon, je souhaiterais que tu me conseilles, toi, mon fidèle ami. Je voudrais tout simplement lui dire : « Tu possèdes en toi ce don inné de connaître le vrai sens que l’on donne au mot amitié. Conserves-le comme étant ton bien le plus précieux. La vie forme le caractère et parfois nous oblige à nous remettre en question. Naïf, nous le sommes tous, moi en premier, je te l’assure. Mais jamais nous ne saurions renoncer à la gentillesse qui est en nous. Elle fait partie de nous-même et ne saurions nous en départir. Bien sûr, l’expérience de la vie t’amènera à te préserver davantage : tout le monde ne te ressemble pas. Et toi-même apprendra un jour à opérer la différence fondamentale entre la sincérité et l’hypocrisie. C’est ce que tu nommes la maturité. Mais surtout observe toujours un principe fondamental : ne permets jamais à personne de se substituer à toi pour émettre un jugement. J’en ai fait la triste expérience »….Ai-je raison dans mon raisonnement Jean-Claude ?
      Je ne sais pas quoi dire Jacques, tout ce que tu viens de dire là me touche énormement! Mais tu sais,tu ne devrais pas laisser cette culpabilité te ronger, ce qui s'est passé, c'est oublié! Je te l'avais dit y'a quelques moi. La rancune et moi, on est deux! Pour moi, c'est un simple incident, ça aurait pu arriver à n'importe qui! Il faut juste savoir en tirer profit!
      Merci pour cette initiative, ça me touche du fond du coeur!
      Hey, n'oublie pas, je ne suis pas rancunière, et tu le savais ;)

      Merci pour ta dédicasse

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      • #4
        Pour impersonnelle qu'était ma lettre, ma chère Pure, il est exact qu'un indice "j’oserais presque dire de sa pureté" ne laissait aucun doute !

        Et si ce sous-officier de la police militaire, mon ami Jean-Claude, appartient au réel et non ou virtuel, saches qu'à travers cet exemple, j'ai voulu démontrer à d'autres qu'en se regardant droit dans un miroir, ils pouvaient effectuer le même parcours que le mien et répondre à ton message, aussi éphémère qu'il ait été !

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