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Les poèmes qu’on aime

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  • ​Omar Khayyam

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    • Élévation


      Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
      Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
      Par delà le soleil, par delà les éthers,
      Par delà les confins des sphères étoilées,

      Mon esprit, tu te meus avec agilité,
      Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
      Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
      Avec une indicible et mâle volupté.

      Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
      Va te purifier dans l’air supérieur,
      Et bois, comme une pure et divine liqueur,
      Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

      Derrière les ennuis et les vastes chagrins
      Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
      Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
      S’élancer vers les champs lumineux et sereins ;

      Celui dont les pensers, comme des alouettes,
      Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
      - Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
      Le langage des fleurs et des choses muettes !



      Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

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      • Tout homme a ses douleurs. Mais aux yeux de ses frères
        Chacun d'un front serein déguise ses misères.
        Chacun ne plaint que soi. Chacun dans son ennui
        Envie un autre humain qui se plaint comme lui.
        Nul des autres mortels ne mesure les peines,
        Qu'ils savent tous cacher comme il cache les siennes ;
        Et chacun, l'oeil en pleurs, en son coeur douloureux
        Se dit : " Excepté moi, tout le monde est heureux. "
        Ils sont tous malheureux. Leur prière importune
        Crie et demande au ciel de changer leur fortune.
        Ils changent ; et bientôt, versant de nouveaux pleurs,
        Ils trouvent qu'ils n'ont fait que changer de malheurs.

        André CHÉNIER (Elégies)
        ...la seule vengeance de l'âme est de tromper son esprit...

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        • Parfois, lorsque tout dort, je m'assieds plein de joie
          Sous le dôme étoilé qui sur nos fronts flamboie ;
          J'écoute si d'en haut il tombe quelque bruit ;
          Et l'heure vainement me frappe de son aile
          Quand je contemple, ému, cette fête éternelle
          Que le ciel rayonnant donne au monde la nuit.

          Souvent alors j'ai cru que ces soleils de flamme
          Dans ce monde endormi n'échauffaient que mon âme ;
          Qu'à les comprendre seul j'étais prédestiné ;
          Que j'étais, moi, vaine ombre obscure et taciturne,
          Le roi mystérieux de la pompe nocturne ;
          Que le ciel pour moi seul s'était illuminé !

          Novembre 1829.


          Victor Hugo.
          ...la seule vengeance de l'âme est de tromper son esprit...

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          • Être soi-même


            Des gens uniques, de par le monde,
            Il en naît à chaque seconde.
            Chacun de nous porte en soi
            Une chose que les autres n'ont pas.
            Les défauts et les qualités
            Font un cocktail à mélanger
            Pour obtenir ce petit goût
            Celui qui n'appartient qu'à nous.

            Les êtres humains sont si divers
            Qu'il y a toujours sur la terre
            Quelqu'un qui trouvera en nous
            Ce qui lui manque par dessus tout.

            Certains recherchent leurs contraires,
            D'autres, c'est leurs semblables qu'ils préfèrent.
            Mais, l'important c'est d'arriver
            À s'accepter tel que l'on est.

            Et chercher à s'améliorer
            N'est pas forcément tout changer.
            Quand on commence à s'apprécier,
            L'entourage l'a vite remarqué,
            Il essaie de savoir pourquoi
            On se sent tellement sûr de soi.

            Et tous ces gens qu'on admirait
            Finissent par nous envier.
            Car, eux aussi, ils cherchent ailleurs
            Ce qu'ils possèdent à l'intérieur.
            Auteur inconnu

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            • Le ciel est, par-dessus le toit,
              Si bleu, si calme!
              Un arbre, par-dessus le toit,
              Berce sa palme.

              La cloche, dans le ciel qu’on voit,
              Doucement tinte.
              Un oiseau sur l’arbre qu’on voit,
              Chante sa plainte.

              Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
              Simple et tranquille.
              Cette paisible rumeur-là
              vient de la ville.

              Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
              Pleurant sans cesse,
              Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
              De ta jeunesse ?

              Paul Verlaine

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              • au lecteur (les fleurs du mal- baudelaire)

                La sottise, l'erreur, le péche, la lésine,
                Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
                Et nous alimentons nos aimables remords,
                Comme les mendiants nourrissent leur vermine.


                Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches;
                Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
                Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
                Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.


                Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
                Qui berce longuement notre esprit enchanté,
                Et le riche métal de notre volonté
                Est tout vaporisé par ce savant chimiste.


                C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent.
                Aux objets répugnants nous trouvons des appas;
                Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
                Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.


                Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
                Le sein martyrisé d'une antique catin,
                Nous volons au passage un plaisir clandestin
                Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.


                Serré, fourmillant comme un million d'helminthes,
                Dans nos cerveaux ribote un peuple de démons,
                Et quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
                Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.


                Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie,
                N'ont pas encore brodé de leurs plaisants dessins
                Le canevas banal de nos piteux destins,
                C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie.


                Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
                Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
                Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
                Dans la ménagerie infâme de nos vices,


                Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!
                Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes, ni grands cris,
                Il ferait volontiers de la terre un débris
                Et dans un bâillement avalerait le monde.


                C'est l'Ennui!- L'oeil chargé d'un pleur involontaire,
                Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
                Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
                Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère!
                ...la seule vengeance de l'âme est de tromper son esprit...

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                • نعيب زمـانـنا والــعــيب فــينـا --------- ومــا لـزمانـنا عيــب ســــــوانا

                  ونـــهـجـو ذا الـزمان بغير ذنـب --------- ولــــو نــطق الــزمان لنا هجانا

                  وليس الذئب يأكل لحم ذئب ---------- ويــأكل بـعــضنا بـعـضا عـــيانا

                  الشافعي

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                  • A Mademoiselle


                    Oui, femmes, quoi qu’on puisse dire,
                    Vous avez le fatal pouvoir
                    De nous jeter par un sourire
                    Dans l’ivresse ou le désespoir.


                    Oui, deux mots, le silence même,
                    Un regard distrait ou moqueur,
                    Peuvent donner à qui vous aime
                    Un coup de poignard dans le coeur.


                    Oui, votre orgueil doit être immense,
                    Car, grâce à notre lâcheté,
                    Rien n’égale votre puissance,
                    Sinon votre fragilité.


                    Mais toute puissance sur terre
                    Meurt quand l’abus en est trop grand,
                    Et qui sait souffrir et se taire
                    S’éloigne de vous en pleurant.


                    Quel que soit le mal qu’il endure,
                    Son triste rôle est le plus beau.
                    J’aime encor mieux notre torture


                    Alfred de Musset

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                    • Ministre du repos, Sommeil père des songes,
                      Pourquoi t'a-t-on nommé l'image de la mort ?
                      Que ces faiseurs de vers t'ont jadis fait de tort,
                      De le persuader avecque leurs mensonges !


                      Faut-il pas confesser qu'en l'aise où tu nous plonges,
                      Nos esprits sont ravis par un si doux transport,
                      Qu'au lieu de raccourcir, à la faveur du sort,
                      Les plaisirs de nos jours, Sommeil, tu les allonges.


                      Dans ce petit moment, ô songes ravissants !
                      Qu'Amour vous a permis d'entretenir mes sens,
                      J'ai tenu dans mon lit Élise toute nue.


                      Sommeil, ceux qui t'ont fait l'image du trépas,
                      Quand ils ont peint la mort ils ne l'ont point connue,
                      Car vraiment son portrait ne lui ressemble pas.





                      Théophile de VIAU (1590-1626)
                      ...la seule vengeance de l'âme est de tromper son esprit...

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                      • L’homme est tout bête
                        Quand il est amoureux.
                        Il se croit poète
                        Il se pique au jeu
                        Du hasard.
                        Il circule en aveugle,
                        Et se cogne aux meubles,
                        Il se fait des bleus
                        Et du cinéma.
                        Il sourit aux passants,
                        Il déborde,
                        Il se répand.
                        Parfois il agace,
                        Il lasse,
                        Il faut lui pardonner
                        Car il n’y a en lui nulle méchanceté.
                        Son âme est touchée,
                        Touché, coulé ?
                        Non, point de ce jeu-là,

                        Il rebondira car,
                        Existe-t-il un mal
                        Qui fasse autant de bien ?
                        Claire Bougain

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                        • Jacques Prévert

                          LES OMBRES

                          Ta es là
                          en face de moi
                          dans la lumière de l'amour
                          Et moi
                          je suis là
                          en face de toi
                          avec la musique du bonheur
                          Mais ton ombre
                          sur le mur
                          guette tous les instants
                          de mes jours
                          et mon ombre à moi
                          fait de même
                          épiant ta liberté
                          Et pourtant je t'aime
                          et tu m'aimes
                          comme on aime le jour et la vie ou l'été
                          Mais comme les heures qui se suivent
                          et ne sonnent jamais ensemble
                          nos deux ombres se poursuivent
                          comme deux chiens de la même portée
                          détachés de la même chaîne
                          mais hostiles tous deux à l'amour
                          uniquement fidèles à leur maître
                          à leur maîtresse
                          et qui attendent patiemment
                          mais tremblants de détresse
                          la séparation des amants
                          qui attendent
                          que notre vie s'achève
                          et notre amour
                          et que nos os leur soient jetés
                          pour s'en saisir
                          et les cacher et les enfouir
                          et s'enfouir en même temps
                          sous les cendres du désir
                          dans les débris du temps.

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                          • Corps de femme

                            Corps de femme, blanches collines, cuisses blanches,
                            l’attitude du don te rend pareil au monde.
                            Mon corps de laboureur sauvage, de son soc
                            a fait jaillir le fils du profond de la terre.

                            Je fus comme un tunnel déserté des oiseaux,
                            la nuit m’envahissait de toute sa puissance.
                            Pour survivre j’ai dû te forger comme une arme
                            et tu es la flèche à mon arc, tu es la pierre dans ma fronde.

                            Mais passe l’heure de la vengeance, et je t’aime.
                            Corps de peau et de mousse, de lait avide et ferme.
                            Ah, le vase des seins ! Ah, les yeux de l’absence !
                            Ah, roses du pubis ! Ah, ta voix lente et triste !

                            Corps de femme, je persisterai dans ta grâce.
                            O soif, désir illimité, chemin sans but !
                            Courants obscurs où coule une soif éternelle
                            et la fatigue y coule, et l’infinie douleur.

                            Pablo Neruda.

                            ملئ السنابل تنحني بتواضع، والفارغات رؤوسهن شوامخ





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